Le modèle occidental de la guerre

Hanson

De la bataille de Marathon à la doctrine Shock and Awe, la pensée militaire européenne et plus largement occidentale semble profondément marquée par une volonté de terminer les guerres au plus vite en concentrant à un endroit précis le maximum d'effets, de violence et de puissance.

Dans Le modèle occidental de la guerre, David Hanson fait remonter cette inclination aux campagnes que conduisaient les unes contre les autres les cités grecques de l'âge classique. Des cités-Etats composées de citoyens, appelés par ailleurs aux champs et aux diverses activités économiques, tendent selon lui à raccourcir au maximum la durée d'un conflit. Sans compter, souligne Hanson – lui-même familier du monde rural – la difficulté à ravager effectivement des récoltes ou arracher des vignes, c'est-à-dire à conduire manuellement une guerre totale et dispersée dans le temps et l'espace. La bataille d'hoplite, brève, intensément violente, est alors selon l'auteur, le meilleur moyen de vider une querelle entre cités. A partir de ces prémisses, cet ouvrage cherche à rendre compte de la réalité de cette bataille hoplitique, en particulier de sa réalité humaine, ainsi que des traces qu'elles à laissé sur nous à travers la paternité grecque sur notre civilisation.

Par toute une série de reconstitutions, extrapolations et simulations, l'auteur rend alors compte de la violence des chocs, de l'indispensable cohésion du corps civique, devenu ici corps militaire, de la recherche effrénée d'une progression vers l'avant, à travers le corps ennemi et, si possible, en passant dessus. C'est la psychologie d'une époque et surtout d'une organisation de la cité, trempée dans une expérience intensément effrayante et récurrente, qu'Hanson cherche à restituer.

M.O.

Victor David Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, traduit de l'anglais par Alain Billault, Ed. Tallandier, collection Texto, Paris, 2007, 298 pages.

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